La dimension holistique du massage-bien-être : une action directe sur « l’état de santé » de la personne

Mais alors, le massage-bien-être est-il un massage thérapeutique ou un massage de santé ?

Penser avec des mots ajustés évite que l’à peu près s’empare de nos raisonnements et embrouille nos actes. Qu’advient-il alors quand les mots travestissent et altèrent le sens même de notre posture et notre cadre de travail ? Dans le secteur du bien-être en général et du massage-bien-être en particulier l’usage de mots tels que « thérapeutique, soigner, relation d’aide » modifient le sens de la pratique. Entendre par exemple « oui, bon, le massage-bien-être n’est pas un massage thérapeutique, mais il a néanmoins des effetsthérapeutiques, n’est-ce pas ? » m’oblige à répondre de la façon suivante.

Dire que le massage-bien-être « n’est pas thérapeutique, mais bon, ses effetssont cependant thérapeutiques », c’est à mon avis, esquisser un pas de danse sur le côté, une façon de dire sans le dire mais en le disant quand même, c’est évoquer à mots couverts un abus du terme « thérapeutique ». Les mots ne sont pas neutres. Leur utilisation peut affecter le sens même de la pratique, diluer ses effets et réduire son champ d’action.

Je rappelle que la définition du mot « thérapeutique » a comme sens le traitement des malades et des maladies. Son étymologie vient, entre autres, du grec « soigner ». Maintenir le massage-bien-être dans le seul prisme du traitement des symptômes, du soulagement des somatisations, c’est tout simplement réducteur et quelque fois déviant. Je ne nie pas la ressource du massage-bien-être lorsqu’il relaxe, assouplit, fluidifie, élimine et tonifie au-delà de la détente, mais le massage-bien-être est beaucoup plus que cela ! Il propose une zone d’influence plus vaste et plus profonde que la seule dimension thérapeutique, qui, il faut le préciser, nécessite des compétences médicales spécifiques et validées.

Si nous devions positionner le massage comme ayant seulement des effets thérapeutiques, et localiser notre pratique dans cette visée soignante, le massage-bien-être relèverait alors davantage du mieux-être que du bien-être !

Le massage-bien-être participe au retour de la santé

Ceci dit, le massage-bien-être participe à un retour à la santé, cela est évident. Ce que je souhaite relever c’est que le massage-bien-être ne questionne pas que la dimension thérapeutique. Notre intention n’est pas de soigner le corps. Le massage-bien-être propose une démarche globale d’un retour au bien-être grâce à un état de santé recouvré. Qu’est-ce que je souligne en évoquant un état de santé ? C’est l’état de celui qui est sain, c’est-à-dire dont la nature, le tempérament, les pensées, les émotions, les comportements sont sains. L’état de santé nécessite un ajustement permanent, personnel et singulier. Je rappelle la définition de la santé émise par l’Organisation Mondiale de la Santé : « La santé est un état complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Et de préciser également que cette définition souligne la dimension subjective, globale, contextuelle et multidimensionnelle de la notion de santé (source : blogsanté.fr)

L’état de santé est un état dynamique. Il est changeant, impermanent. Il se nourrit de ce que nous pensons, faisons et réalisons. Il nécessite un retour à soi, à son corps et à l’ensemble de ses dimensions, à ce remarquable « Moi-Peau » révélé en occident par les recherches de Didier Anzieu, aux représentations du schéma corporel, au développement de son niveau de conscience, à sa capacité à se responsabiliser, à devenir progressivement celui ou celle que l’on est, sans cesse plus autonome, plus coopératif, plus apaisé, plus structuré, plus riche des liens établis avec soi-même et les autres.

L’état de santé est un état naturel, d’équilibre et de justesse

L’état de santé est un état naturel, d’équilibre et de justesse. C’est la résultante d’une interaction complexe d’un sujet avec lui-même, son environnement, son patrimoine génétique, son milieu familial, social et culturel. Cet état de bien-être global ne peut se réaliser à l’insu de la personne concernée. Il est question alors de responsabilité individuelle.

L’étymologie du mot « santé » provient également du vieil anglais « hoelth » qui signifie être en sécurité (en équilibre, en harmonie, en état d’homéostasie) et souligne l’incontournable globalité du corps, ce qui a donné le mot « holistique ». Le massage-bien-être est holistique. Il contribue à conserver, mais généralement à ramener à un état sain l’organisme au sens global du terme. Cela suppose bien évidemment que cela passe par la santé de l’esprit, la santé du corps, la santé de l’âme (ou tout autre terme selon les croyances de chacun), et par la manière dont chacun traverse la vie et interagit avec lui-même et avec son environnement.

Les effets systémiques du massage-bien-être relèvent davantage des « effets de santé » plutôt que des « effets thérapeutiques ».

Il est essentiel d’aborder la question du bien-être au cœur même de la pratique du massage. Se demander ce que l’appellation « bien-être » apporte au massage est un minimum. Il serait dommageable de réduire le massage-bien-être à un contenu technique seulement relaxant comme de le laisser errer vers des espaces thérapeutiques dans lesquels il va perdre et abandonner en chemin ce qui fait sa spécificité et son mouvement originel : l’Etre et le mouvement de vie et de santé qui l’anime.

Roger DAULIN

CLK FORMATION Massages